Serenity in brown - 07/08/04



Samedi sous la pluie.

[Il a suffi que j'écrive ces quelques mots pour que la pluie diminue puis cesse]

Embruni et serein, je profite les fenêtres grandes ouvertes de ce rafraîchissement inéspéré. Une brise me caresse le bras et me fait frissonner légèrement. Près de moi, la hi-fi marmonne une étrange mélopée, langoureuse, lancinante. Je m'étonnerai toujours de la façon dont ce genre de musique influe sur mon regard, ma vision du monde. Mon état est certainement pour beaucoup dans cette modification générale de ma perception.

Il règne autour de moi une aura de mystère, d'inattendu. J'ignore si, tapi derrière les apparences trompeuses, se cache l'horrible ou le merveilleux. Mais il y a quelque chose de plus, intangible, une présence indescriptible qui flotte autour de moi. Une atmosphère surréaliste dans laquelle je baigne. Les murs, les meubles, les objets, ont comme une dimension supplémentaire, floue, impalpable, une composante subjective qui ne m'était jamais apparue jusqu' à présent.

Mes impressions s'entremêlent, en douceur ; rien ne bouge mais le spectable qui s'offre à moi est un tableau changeant, vivant, presqu'organique. Un tableau qui respire un air différent à chaque souffle. J'aimerais entendre, derrière moi, une voix grave et monocorde raconter une histoire irréelle, ou décrire un paysage de rêve, un tableau de Dali,ou un film de Lynch.

Je suis dans ma bulle, et de celle-ci le monde a la texture des songes.
Je suis une imagination perdue sur une planète lointaine, à mi-chemin entre rêve et démence.
Je suis encore en vie, mais la Réalité l'ignore.