
Soulagement chimique - 06/11/04
Coup de chance, le marchand de sable est passé par chez moi ce soir. Un aller, narine gauche ; un retour, narine droite, et c'est reparti pour un plongeon dans la junkie attitude.
I don't give fuck, je n'ai plus rien à foutre de tout cela, de la vie, de l'univers et du reste. J'ai ce qu'il me fallait, en bonne loque toxicomane, j'ai ma dose de bonheur en pulvérisations nasales. Vous pouvez faire lire mon blog à vos gamins, je suis l'épouvantail des moineaux innnocents ; les nombreuses analyses que j'ai faites de ma situation et de ce qui a pu m'y mener vous permettront peut-être d'éviter à vos gosses de vivre ce que je vis. Tout comme j'espère que de vivre tout cela, me permettra de savoir ce qu'il faut faire pour ne pas que mes gosses à moi, se retrouvent aussi paumés quand ils auront atteint mon âge.
Enfin, la brune a fait son chemin jusqu'à mes synapses, si bien qu'à l'instant présent, mon état est tout ce qu'il y a de plus plaisant. En fait, je souhaite au monde entier de pouvoir connaître cet état, mais d'avoir les ressources mentales et affectives nécessaire pour le contrôler.
Dans un monde où tout nous tente et où presque rien ne nous est offert, où nous devons sans cesse nous contenter de peu et affronter la douleur en bon Adultes, je crois que ce genre de soulagement chimique devrait être distribué sous contrôle. On devrait apprendre aux gens à gérer la défonce, à être capable d'apprécier ces moments comme des raisons d'être en vie.
On devrait apprendre à nos gosses, dès le plus jeune âge, que la vie est un combat, et que se battre pour elle est une chose qui vaut le coup. On aurait du me l'apprendre, mais personne ne l'a fait. Maintenant, je m'y refuse, ce qui n'a rien d'étonnant pour moi. Je suis un déserteur de la vie, je ne vois pas d'utilité de me battre pour elle. Je la subis, sans but, et fais de mon mieux pour en atténuer les aléas douloureux.
Je crois que je préfèrerais être dans une situation plus misérable encore, mais que ma vie ait un sens, que mes matins soient autant de pas vers le but que je me serais fixé. Pour le moment, je souffre sans raison de le faire, et la came est mon antalgique.
Les choses changeront peut-être, sûrement, un jour. Dieu sait quelle direction pourra prendre ma vie, à ce moment-là. En attendant, je continue ainsi, salon la logique du moins pire à court terme. Je le paierai, je le regretterai, mais ça aura fait partie de mon parcours.