
Découragement - 06/01/05
Je ne m'en sortirai pas.
Entre les dizaines de factures, les potes, le découvert, j'en ai pour des mois a manger un bol de riz tous les deux jours pour me tirer du gouffre. Mois de décembre : trois fois moins d'héro consommée, quatre fois plus dans la merde, je n'y comprends plus rien.
Je ne vois plus de raison à rien, je n'ai pas ouvert mon courrier depuis lundi, ma boite aux lettres doit regorger de nouvelles plus mauvaises les unes que les autres. Je ne suis pas allé voir le psy avec lequel j'avais rencart, je ne suis pas allé faire le bilan à l'hôpital.
Plus personne ne peut m'aider, sauf peut-être en me fournissant des somnifères en quantité suffisante pour faire une sieste sans réveil. C'est pas la peine de m'appeler, pas la peine de m'écrire, pas la peine de rien, la seule chose qui me ferait plaisir désormais, c'est un moyen d'en finir sans douleur.
Et rien d'autre.
Les cancéreux en phase terminale ont le droit à l'euthanasie, eux. Je réclame ce même droit pour mon cancer de l'âme, le droit d'abréger cette torture psychologique que je subis depuis trop longtemps. Et le fait que je sois mon propre bourreau n'atténue en rien la gravité du problème, bien au contraire : je suis le mieux placé pour faire de mon existence un Enfer, et c'est bien ce à quoi je m'emploie, presque malgré moi. Cessez de vouloir me voir vivre, c'est égoïste de votre part. Egoïste et cruel.