La fin est proche - 14/01/05



Je me demande bien ce que je vais faire de mes dernières semaines, mes derniers jours. Tout cela risque de passer vite, chaque minute est importante désormais. Je crois que je vais aller revendre une bonne partie de mon matériel de valeur, afin d'avoir en liquide de quoi me faire plaisir jusqu'à la fin du mois. J'ai envie d'aller manger au restaurant, de voir des films au cinéma. Demain soir, mon coloc fête son anniversaire à l'appart, ça sera l'occasion de passer un moment agréable avec lui et nos amis communs. Je n'ai pas annoncé à mes potes mon intention de mettre un terme à mon existence. Je fais semblant, je parle d'avenir. Je suis bien obligé de leur cacher : la plupart ne comprendraient pas, et je ne tiens pas à lutter avec eux, je n'ai pas envie que mes derniers moments soient gâchés par leur pitié et leur envie de me "porter secours". Ils ignorent tout de mon projet et de son imminent accomplissement, et c'est tant mieux, pour eux comme pour moi.

Décidément, je suis content de la tournure que prenennent les choses. Je n'ai plus peur, je n'ai plus de doutes, je sais que je fais le bon choix. J'ai hésité, tout de même, non pas sur le fait de mourir, mais sur le fait de faire semblant pour tout le monde, de ne pas en faire part sur ce blog. Mais autant par jeu sadique que par honnêteté envers moi-même, je reste fidèle à mon blog, jusqu'à la fin.

Il y a toujours en moi cette part obscure qui se délecte de l'incompréhension de ceux qui m'aiment. Seuls mes enfants échappent à cette règle ; cependant, si je ne tire aucune satisfaction du mal que ne manquera pas de causer mon départ, ils ne peuvent en aucun cas constituer une raison de rester. Pour les autres, ceux qui s'acharneront à vouloir me faire changer de voie, sont ceux que je prendrai le plus de plaisir à tourmenter, narguer. Jusqu'à ce qu'ils fassent preuve d'intelligence et d'humilité, en acceptant simplement ce contre quoi ils ne peuvent lutter.

Les idiots qui nagent à contre-courant font bien rire les crocodiles...

Je me demande quelle est la proportion de personnes qui prend ces paroles pour du vent, pour de la provoc qui sera classée sans suite. Je me demande quelle sera leur réaction, quand mon décès aura été confirmé. J'espère - pour eux - que la surprise ne sera pas trop douloureuse. Ceux qui me connaissent savent que je n'avais jamais annoncé d'intention suicidaire de façon aussi sérieuse, ferme et déterminée. Ils savent aussi à quel point je peux être entêté, dans certaines circonstances.

Je présume que tous ceux qui prennent tout cela au sérieux et restent silencieux, sont conscients de leur impuissance mais désapprouvent le choix que je fais. J'aurais aimé trouver quelqu'un qui comprenne, qui puisse me dire "Tu as envie de mourir : c'est ton choix, que je respecte et accepte". Quelqu'un avec qui passer quelques instants agréables, et puis partir, le sourire aux lèvres.

Je crois que j'aurais aimé mourir dans les bras de quelqu'un, mais de la façon dont j'ai prévu cela, je crains que ça ne me soit impossible.

Je partirai donc seul, mais le sourire aux lèvres quand même.